Le 44 rue des Carmes : une adresse disparue

Isabelle et Jeanne se penchent sur le passé.
Isabelle et Jeanne auraient voulu avoir un anniversaire à souhaiter pour le 29 février. Comme elles ne l’ont pas, elles se sont penchées sur le glorieux passé de leurs vélocistes et autres marchands de vélos.

En route vers Paris et Orléans ! 


Le service des archives d’Orléans conserve une jolie réclame de 1912 :

Une réclame (Source).

En plus de Peugeot, qu’on ne présente plus, figurent sur la réclame les fabricants Hurtu et Humbert-Beeston1.

Crédit : …some guy / CC BY

Ce magasin situé au 44 rue des Carmes est ouvert au tout début du XXe siècle comme le précise la fiche auxiliaire cadastrale du lieu :

Les affaires doivent marcher puisqu’on retrouve ce commerçant dans une délibération du conseil municipal du 3 mai 1919 au cours duquel il parvient à rafler le marché de fourniture de bicyclettes aux policiers municipaux et gardes champêtres :

A l’époque, les vélos s’usent vite ! (source)

Le service des archives donne à voir une facture de réparation datée d’octobre 1919 dont voici un extrait :

M. Labergère est verni ! (source)

L’année suivante, au cours du conseil municipal du 2 août 1920, Gustave Alexis propose une solution de leasing mais les élus préfèrent retenir la solution moins onéreuse de la remise en état des vélos Peugeot, dans une logique qu’on qualifierait aujourd’hui d’écoresponsable :

Le même accord était reconduit en 1921 aux mêmes conditions. En 1922 et 1923, il était encore chargé de fournir les bicyclettes. Cette collaboration avec la mairie a cessé en 1924.

Le bâtiment, comme celui du 3 rue de la République, n’a pas survécu à la Seconde Guerre mondiale. Les bombardements de la Luftwaffe de juin 1940 ont provoqué des incendies qui ont été difficiles à contenir et éteindre2. Le bâtiment était situé à la limite ouest de l’extension de ces incendies qui ont ravagé la ville pendant des jours.

Extrait de « La principale zone sinistrée de 1940. Extrait du plan de reconstruction, d’aménagement et d’embellissement de la ville d’Orléans » (source).
Le point orange situe approximativement l’immeuble.

Et aujourd’hui ?

L’adresse a disparu dans le chaudron de la guerre. Aujourd’hui, rue des Carmes, on passe directement du numéro 16 au numéro 48 (de droite à gauche) :

Sur la façade de l’immeuble de droite on reconnait les parements carrés caractéristiques de la reconstrution orléanaise des années 1950.

➡️ Continuez votre lecture chez Isabelle.

Notes

  1. La mention « machine à coudre » rappelle qu’à cette époque, le prêt-à-porter n’existe pas encore.
  2. Lire « Les journées de bombardements : la ville en flammes » sur le site des archives.

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5 réponses

  1. V-LO dit :

    Merci Jeanne pour ce nouveau billet et cette plongée dans les archives orléanaises. 🙂
    Dommage que la rue des Carmes ait perdu en cyclabilité avec l’arrivée du tram (j’ai pris quelques gamelles sur/entre les voies du tram ces dernières années). Et puis je me prends à rêver de voir un peu plus d’agents de la maréchaussée à vélo dans notre métropole, on se sentirait moins seul (…et ce chauffard aussi qui, du coup, va peut-être devoir se remettre en selle pour quelques temps ?

    )…

  2. Calcius dit :

    J’ai connu les cycles Alexis, angle rues des Carmes et du grenier à sel. Fermés dans les années 90

  3. Chris dit :

    Bravo pour ce véritable travail d’enquête! 🚲

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