Que sont ces deux placettes devenues ?

Début février 2019, dans « Des places bientôt libérées », j’évoquais les travaux de requalification entrepris devant l’église Saint-Pierre-le-Puellier et devant Canopé (ex-CRDP). Le printemps, l’été et l’automne ont passé sur ces lieux. Les pavés sont désormais bien scellés. Les élu(e)s se réjouissent. Dans les deux cas il s’est agi de reprendre un peu de place au stationnement « plus ou moins organisé » comme l’a décrit avec beaucoup de doigté le magazine municipal. Retour sur les lieux à vélo et en photos.

La place devant le centre Canopé à gauche et celle devant St-Pierre-le-Puellier à droite.

Ambiance chantier à St-Pierre-le-Puellier

Plusieurs rues du secteur sont en travaux1. Sur et autour du parvis des blocs de béton sont disposés curieusement. Des barrières de chantier sont également présentes.

Manquent encore les bancs… et les arceaux vélos2.

Si le parvis lui-même ne semble plus faire office de parking, les environs immédiats, comme rue de la Folie, sont bien squattés.

Au nord du parvis, une grande zone a été dégagée. Il y a du projet immobilier dans l’air.

Certains flânent et créent… à coup de graffiti.

D’autres placettes en chemin

En chemin entre les deux placettes, il est facile de constater que la municipalité n’est pas très à cheval sur le respect de l’aire piétonne dite du « centre ancien ». Et là on ne parle pas d’un dimanche mais du milieu de mâtinée d’un jour de semaine.

Stationnement malin devant Canopé

Sur Twitter, un membre du conseil municipal entré en campagne électorale exprime sa satisfaction :

Dans Orléans.mag, le photographe a laissé hors champ les places de stationnement mais n’a pas pu éviter les  :

Extrait d’Orléans.mag n° 173 de novembre 2019.

Si l’on prend un peu de champ, on constate qu’il s’agit bien d’un « îlot de verdure »… au sein d’un océan de pavés.

Cela dit l’endroit est devenu une vraie place et à ce titre c’est une réussite. En matière de « convivialité », l’absence de bancs tendrait toutefois à montrer que les élus ne souhaitent pas que cet espace devienne autre chose qu’un lieu de passage.

Sur un plan réglementaire, il s’agit d’une aire pîétonne comme tout le centre ancien.

Emplacements de stationnement + espace de manœuvre pour entrer/sortir de ce mini-parking occupent un grand espace :

Outre la présence de l’inévitable borne de recharge pour voiture électrique, il semble qu’un panneau soit manquant au bout d’un mât. On prend les paris pour un « arrêt 20 minutes » (comme tout au long de la rue Jeanne d’Arc) ?

Deux non-électriques et un non-PMR profitent de l’aubaine. Malin !

Quand on sait que 600 places de stationnement vont être créées au sein de la ZAC Carmes-Madeleine à 200 m de là, était-il nécessaire de conserver ces quelques emplacements à 50 m du parking souterrain des Chats Ferrés ? Tout en verdissant davantage le lieu – avec quelques arbres de plus par exemple – la municipalité aurait pu envisager d’y installer des véloboxes. C’était même l’endroit idéal pour initier une politique ambitieuse en matière de stationnement résidentiel sécurisé pour les vélos. Le Plan Local d’Urbanisme métropolitain (PLUm) en cours de finalisation est à cet égard décevant puisqu’il se contente de reprendre les dispositions légales qui sont de fait très peu exigeantes3.

En plus de rendre service, ces structures métalliques auraient eu le mérite de bien s’intégrer dans l’ambiance architecturale du lieu.

Le modèle que la ville de Paris commence à déployer dans quelques rues4.

Notes

  1. « Les travaux rues des Bouchers et des Tanneurs vont reprendre », La République du Centre, 28 septembre 2019.
  2. « Des bancs et des arceaux pour les vélos seront installés » précisait Magcentre en février 2019.
  3. « Stationnement vélo en immeuble : on peut faire beaucoup mieux que la loi », CC37, 18 mai 2017.
  4. « Paris : et voici les véloboxes ! », Le Parisien, 22 mars 2019.

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10 réponses

  1. janpeire dit :

    Très bon billet.
    Au niveau de St-Pierre-le-Puellier, dès le début, dans la feuille de choux municipale, il y avait une illustration avec des autos. L’encart, avec la photo de l’élue, parlait de bien être, joie de vivre.
    Je ne vais pas dire « elle était mieux avant » même si elle avait beaucoup de charme, mais de gris foncé, elle est passée à gris clair. Dans quelques pluies, avec la patine, elle sera de nouveau une placette de qualité.
    Pour la rue de la Folie, « on » m’avait expliqué lors de la construction de la résidence estudiantine que c’était normal de reprendre l’emprise au sol, que des voitures stationnées dans la rue sont des témoins de la vie (et que les gros pavés, c’était pour faire ancien).

    Au sujet du CRDP. C’est à vomir. Personne ne semble savoir si on peut stationner ou pas, et dans le doute, on stationne.
    Côté piéton, on a toujours l’impression de gêner, et les pavés sont glissants.
    Côté vélo, entre les marches, les ressauts, les rails du tram, et les même pavés glissants, l’endroit est devenu un point noir.

    JPB

    • Merci.
      Ce qui est frappant devant Canopé c’est qu’ils ont procédé a minima en reprenant l’ancienne disposition « en U » avec au centre cet « îlot de verdure » en lieu et place des bagnoles.
      Capture Google Maps
      C’est normal qu’ils aient conservé les arbres mais ça manque sérieusement d’imagination et ça ne rend pas le cheminement piéton, comme tu le soulignes, particulièrement agréable.

      Par ailleurs, je n’ai pas su bien le formuler dans le billet alors j’ai préféré ne rien mettre, mais cette politique de pavétisation me semble incongrue en ce lieu dont l’architecture très 60/70 appelerait un autre type de traitement.

      Concernant le cheminement vélo je reviendrai là-dessus prochainement.

      • janpeire dit :

        Effectivement, malgré l’architecture de la reco- construction, une autre place était possible, mais peut-être fallait il y penser depuis la première ligne de tramway.
        Pour le moins, malgré les défauts de matériaux, l’ensemble est devenu un peu plus cohérent que l’historique giratoire, ou le canicrottre dans lequel les enfants jouaient.
        Pour l’absence de banc, déjà que le lieu est une des plaques tournantes locales pour le commerce de produits illicites, manquerait plus que ce soit en plus un lieu de consommation.

    • janpeire dit :

      L’image dans la feuille de choux :

      Capture

  2. REGUIGNE REGIS dit :

    Qu’est-ce qu’un cycliste ? Un « prolo de la rue » encombrant, gênant pour les « vrais propriétaires » des lieux , les « tomobilistes », selon Coluche…

  3. Isa dit :

    Puisque les étrangers sont invités à lire les informations concernant votre ville… tout cela m’a paru assez tristoune. Mais je n’ai vu que ce qu’a voulu nous montrer Jeanne, et je n’aime pas quand les estrangers critiquent ma ville !!! Alors … je vous souhaite de bonnes fêtes !

  4. Yann d'Orléans dit :

    Salut Jeanne,

    Je prends enfin le temps de te répondre.

    Les élus en place procèdent toujours de la même manière : On veut contenter TOUT LE MONDE à chaque réhabilitation et donc au final il n’y a pas de réelle amélioration pour les mobilités alternatives à la voiture.

    Sur l’avant dernière photo, on voit le panneau rectangulaire « P » sans la mention « Payant ». Est-ce un oubli? Quid si un automobiliste vient à se faire verbaliser ? Sur cette même photo, il n’y a pas les traditionnels GCUM qui encombrent encore plus la placette et gênent la manoeuvre des automobilistes.

    Yann qui va remettre son cheich et ses RayBan.

    Joyeux Noël !

  1. 8 février 2020

    […] de trottoir comme dans le quartier St Marc, comme la rue des pensées, à St Paterne, des opérations de grisage des placettes (>fr), des peintures sur les trottoirs, des cheminements qui passent de droite à droite entre 5 […]

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