Opération hivernale Birdy Nam Nam

Il n’y a pas que le vélotaf dans la vie, surtout en ces temps de télétravail, et encore plus quand c’est dimanche. Sauf pour les employés des jardineries dont les propriétaires ont depuis longtemps recours au travail dominical comme la loi leur en donne la possiblité toute l’année. Alors comme il faisait très beau et que j’allais tomber à court de graines pour les oiseaux du jardin, j’ai entrepris de me rendre au Terredejardin près de la RD2020 sud parce qu’il me semble que c’est le plus proche de chez moi et aussi pour le simple plaisir de traverser la Loire qui, après les très basses eaux de la belle saison passée, a retrouvé un peu de vigueur fluviale. En ce début d’après-midi, il y avait foule sur les quais mais très peu de véhicules motorisés dans les rues.

En selle !

Je connais grosso modo le chemin mais j’ai quand même pris la précaution de consulter un fameux site français choyé par les collectivités et critiqué par le camarade JP. J’ai choisi l’itinéraire équilibré qui est également l’itinéraire sécurisé. L’itinéraire direct fait passer par la terrible rue des hautes levées dont j’ai dit quelques mots à l’occasion des 20 ans du pont de l’Europe, alors qu’il existe un sentier le long de la rive sud de la Loire et de l’hippodrome – certes il se termine en eau de boudin comme je l’ai évoqué dans ce billet.

Capture d’écran de Geovelo.

C’était la foule des grands jours sur les quais :

Au niveau du pont Georges V, un couple en scooter égaré (?), et à l’entrée de la piste, un livreur arrêté pour consulter son téléphone :

J’ai déjà illustré en vidéo le début du trajet aller depuis le pont jusqu’à l’avenue de Saint-Mesmin dans ce billet.

Ce qui est inédit c’est l’axe nord-sud composé des quatres rues suivantes : René Berthelot, Michel Royer, des chrysantèmes et Claude Lewy. Soit un peu plus de 500 m jusqu’à Terredejardin. Quatre rues et autant d’aménagements cyclables différents avec dans l’ordre :

  • une « piste » bidirectionnelle sur trottoir (que j’ai râté, et pour cause),
  • une « piste » unidirectionnelle de chaque côté (celle-là je l’ai vue de loin et je l’ai empruntée pour voir),
  • une piste/trottoir unidirectionnelle d’un seul côté (que j’ai là aussi ingénument ratée, peut-être à cause du soleil),
  • enfin une étroite bande cyclable.

Des bouts de bidirectionnelle sur le trottoir de la rue René Berthelot avec zéro gestion des intersections :

Rue Michel Royer, il y a une « piste » sur trottoir de chaque côté. Le revêtement est dégradé, ce qui n’est pas le cas de la chaussée à côté :

Craquelé et bosselé.

Ce bout de parcours aller résumé en vidéo à partir de l’avenue de Saint-Mesmin et sa bande cyclable riquiqui :

Au retour, je suis parti du côté de la RD2020 toute proche avec l’objectif de rentrer par le pont de l’Europe.

Dans la partie la plus récente du boulevard urbain qu’est devenue la RD2020 – j’avais visité les travaux en 2019 et le collectif Vélorution avait inauguré cette piste intermittente – on constate que la végétation a pris ses aises et qu’à défaut d’entretien, la « piste » pas bien large risque d’être réduite à pas grand chose :

Plus réjouissant, ces parents qui accompagnent leurs deux jeunes enfants à vélo :

Ce bout de parcours retour résumé en vidéo (contient le giratoire Candolle) :

Comme il faisait beau et que la RD2020 était presque calme, j’ai continué tout droit jusqu’au bout de la piste pour méditer gravement sur la non-continuité des itinéraires cyclables. Et comme il est impossible de traverser vers la gauche à cet endroit-là, je suis revenu à contre-sens, j’ai traversé un peu plus bas, et j’ai pris encore à contre-sens la « piste » de l’autre côté le long des grilles rouges du Lab’O, tel un Arsène Lupin à pédales.

Des graines plein les sacoches

Chez Terredejardin il n’y avait pas de parking vélo mais il y avait un sac toutes graines de 20 kg à 1,25 € le kg. Il m’a fait de l’œil mais ce n’était pas raisonnable en terme de manutention alors j’ai finalement pris quatre sacs de 3 kg à 1,65 € le kg de la marque Birdy Nam Nam. Plus cher – de 32 % ! – mais de la bonne taille pour entrer dans les sacoches sans déséquilibrer le vélo.

Bon, réalisons un petit calcul vite fait : en me basant sur le barème des frais kilométriques de l’administration fiscale, si j’avais pris ma voiture essence de 7 CV le trajet aller/retour m’aurait coûté 0,122 x 7,5 = 0,91 €, soit moins que les 4 x 0,40 = 1,60 € du surcoût au kilo. Certes mais en étant motorisé j’aurais pris le sac de 20 kg à 25 € au lieu des quatre sacs de 3 kg à 19,80 €.

Alors que conclure ?
Que le plaisir d’une sortie vélo par un magnifique dimanche ensoleillé d’hiver ne se met pas en chiffres et que les oiseaux auront certainement de quoi tenir tout l’hiver1 !

Humour vintage

Le nom de cette marque de nourriture pour oiseaux s’inspire probablement d’une fameuse scène du non moins fameux film The Party (1968) de Blake Edwards dans laquelle le personnage incarné par l’hilarant Peter Sellers fait brièvement ami-ami avec les oiseaux en cage du riche propriétaire des lieux puis sonorise involontairement la soirée qui ne fait que commencer


Crédit photo de couverture : Maarten Visser from Capelle aan den IJssel, Nederland, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Notes

  1. Les moqueurs et moqueuses qui pensent que je suis mal équipé et qu’une remorque aurait fait l’affaire, je vous vois ! 😄

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8 réponses

  1. janpeire dit :

    Bravo pour l’enquête sur le manque d’homogénéité pour 3km.
    Autour du lycée – maison de la musique (sisi, bien cachée dans l’angle, c’est elle), l’ensemble semble daté des années 60 alors que cela a à peine 20ans. Au quotidien et en soirée, il y a quelques voitures sur les bouts de trottoirs « aménagés », visiblement ce dimanche, les GCUM étaient chez la belle-doche pour manger la couronne des rois 😀

    Le revêtement de la rue Royer est particulièrement glissant par temps de pluie, peut-être l’est-il également les jours de petites gelées ?

    Rien ne sera dit sur l’itinéraire retour, le décideur de « ça » était lui bloqué dans les années 80.

    JPB

    • Le coin était particulièrement désert. Pas un chat sur l’avenue de Saint-Mesmin par exemple.

      Je suis évidemment d’accord avec toi sur l’aspect daté du quartier. Le pire c’est que ce n’est pas la place qui manque. Mais encore une fois on paye l’absence de hiérarchisation du réseau viaire (à la façon néerlandaise). Et c’est comme ça qu’on se retrouve avec des bouts d’aménagements sans début ni fin sur les trottoirs alors qu’il y aurait certainement le moyen d’apaiser le trafic avec un plan de circulation bien pensé et de réaliser une zone 30 effective.

      • janpeire dit :

        Dans la mesure où je suis cité pour mon mauvais caractère, pardon, parce que je suis toujours méfiant des publireportages sur « des outils » forgés pour nous « simplifier » la vie, je suis allé vite fait regarder le cheminement proposé par une appliquette parrainée par VW.
        Très intelligemment, Naviki fait même éviter au cycliste du quotidien le coup de peinture de l’avenue St Mesmin au profit de la rue Tudelle (à croire qu’ils sont déjà venus à Orléans).

        Carte Naviki

  2. Tout ça pour dire que je partage l’avis du camarade JP, l’apliquette qui a grandi dans une banlieue d’Orléans est bien trop désireuse de bien faire pour être utilisable. C’est un raisonnement d’universitaires, rien ne vaut en effet une bonne carte faite avec soin en pensant au cycliste qui l’utilisera. La blagounette de Tours ne réfléchit pas, elle envoie où la machine a calculé. Dans la vraie vie les places très dangereuses sont à éviter, et parfois mieux vaut pousser son vélo que de se rallonger. Et, si l’on a besoin d’une carte c’est qu’on ne connaît pas. Alors il vaut mieux aller au plus simple et au plus direct plutôt que de devoir passer son temps à guetter la bonne rue et à la louper, devoir revenir en arrière, changer de rue toutes les 5 minutes, se tromper ou y passer un temps fou alors qu’il pleut.

    Mais je voulais signaler aussi à la guerrière qui s’occupe de ce blog que mettre un commentaire depuis le téléphone portable du petit matin est impossible. Cela ne passe pas et le café refroidit. C’est un problème « technique ».

  3. V-LO dit :

    Merci Jeanne pour cette balade ensoleillée, et meilleurs voeux pour cette nouvelle année ! 🙂
    Je fais moi-aussi de temps à autre ce chemin au petit matin (l’aller, que je choisis également pour le retour) à vélo avec mon toutou bien emmitoufflé dans sa boîte de transport sur mon porte-bagage.
    Fierté de rapporter 20 kg de litière dans mes sacoches, mais aussi fleurs, plantes, jardinières, arrosoirs et autres indispensables des aspirants jardiniers du centre-ville. 😉
    C’est rapide et pratique, moyennant l’interminable série de feux synchronisés de la rue Royale, l’indiscipline des cyclistes et trottinetistes qui grillent tout ce qui ressemble à un feu rouge (#attentionprévention #codedelaroute #àquandlesM12), l’anarchie du pont royal côté piste cyclable (coucou les piétons et les coureurs sur cet espace chèrement gagné par les cyclistes) et, comme le dit JP, le revêtement de la rue Royer que je ne trouve pas hyper safe par temps humide ou verglaçant.
    Autre point faible : la bordure du trottoir d’entrée chez Jardichose qu’il faut attaquer par le bon angle pour éviter le gadin, et ces pinces-roues ridicules auxquels je ne confierai pour rien au monde mon biclou.
    Et sinon, sur le chemin du retour vers le pont royal, avenue de St Mesmin, une zone « ne rate pas tes zigzags entre les poteaux » (ici : https://goo.gl/maps/DvWbnN5jt1zaKHUv9
    Capture
    et là : https://goo.gl/maps/6RtxtyhyqZfHm3fv9),
    Capture
    et quelques incohérences/discontinuités cyclables pas marrantes pour nouslescyclistes (ici, où la bande cyclable prend fin à peu près au niveau d’une chicane centrale, dangereux en cas de dépassement de dernière minute par un automobiliste : https://goo.gl/maps/FfUPHH3mAqfr6VLB9).
    Capture
    En ce qui me concerne, à choisir, même si la continuité cyclable était assurée depuis le pont de l’Europe via le nouvel aménagement, je privilégierais mon tracé plutôt calme et tranquille actuel à un circuit au bord d’une autoroute urbaine.

    • Merci pour ce commentaire fouillé (comme toujours !) et meilleurs voeux.

      Concernant la bordure XXL, on voit sur la vidéo comment je l’aborde en prenant de l’angle et aussi le ressaut maousse qu’elle provoque. Pour le coup, même en voiture c’est raide.

      Je n’ai pas vu où est le parking vélo du lieu. Je suis allé directement m’attacher à l’abri des chariots. Au moins la poutre horizontale est à la bonne hauteur !

  4. V-LO dit :

    Normal de n’avoir pas vu le parking vélo, le ratelier est posé comme ça, près de la sortie du magasin !
    Il est visible ici : https://goo.gl/maps/7VGt28HPZ5hkrEYWA et là : https://goo.gl/maps/Zx8JQcvLKcLik1cn9

    C’est pas mieux, c’est même pire chez Truffaut d’ailleurs, qui avec son immense parking à bagnoles, n’a pas trouvé mieux qu’un triste ratelier en fin de vie péniblement posé à l’arrache, quelque part par là dans mon souvenir : https://goo.gl/maps/NgpWVSKpDJpGCY4dA.

    #cultivezvotrebienêtre
    #plusbelleseralaterre
    #onnerestepasplantésansrienfairepourledéveloppementdurable!
    #en2021faisonpousserunmondeplusbeau

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