Qu’est-ce qui est le pire aux Pays-Bas : le vent ou le relief ?

Publié le 22 mai 2019 sur Bicycle Dutch, What’s worse, Dutch winds or hills? cherche à tordre le cou à une idée reçue sur les Pays-Bas comme plat pays. Mark Wagenbuur paie de sa personne au guidon d’un vélo de location entre Groesbeek et Nimègue pour nous offrir une ballade à 360 °.

Le débat n’est pas clos : qu’est-ce qui est le plus gênant, le vent de face ou le relief ? Je n’ai pas d’avis tranché sur la question mais je suis certain d’une chose : rien n’est pire que de gravir une côte avec un vent de face sur un lourd vélo de location monovitesse à rétropédalage. À ne pas reproduire !

En train d’installer la perche de la caméra 360 sur le guidon du vélo de location. En incrustation : le profil de la route.
La sortie de Groesbeek. C’est là que la route commence. On constate qu’il s’agit d’un paysage vallonné.
La voie cyclable semble plate mais la ferme à gauche est située bien plus haut que celles de droite.
Là ça monte franchement ! C’est Kampheuvel et la pente est de 8.4%. C’est là que nous avons dû mettre pied à terre pour la première fois.

Je vous ai déjà proposé un aperçu du relief autour de Nimègue. J’avais emprunté le Van Randwijckweg de Berg en Dal dont la pente atteint un maximum de 9,6%. Je tenais ma caméra à la main et c’est impossible de gravir ou descendre en toute sécurité un relief aussi abrupt au guidon d’un OV-fiets (vélo de location) monovitesse à rétropédalage. C’est pourquoi je m’étais contenté de filmer des gens peinant à la montée ou déroulant gaiement en descente. L’autre problème avec les différences d’élévation c’est qu’il est difficile d’en doner un bon aperçu en vidéo. L’environnement paraît toujours plus plat qu’il ne l’est. J’ai récemment acquis une caméra qui filme à 360 °. Montée sur le vélo elle propose des images en 3D pour casque de réalité virtuelle. Cela permettrait – c’est ce que j’imaginais – de régler ces deux problèmes. Dans l’espoir de convaincre du fait que les Pays-Bas ne sont pas tout plats j’ai décidé de conduire une expérience : rouler de Groesbeek à Nimègue. Mais pas par n’importe quelle route. Cette route s’appelle “Zevenheuvelenweg” ce qui signifie la route aux septs collines. Il s’avère qu’elle porte bien son nom…

Une pente à 8.4% c’est trop en monovitesse de location… Regardez bien mon ombre, je marche…
Heureusement qui dit montée dit descente ! Là on peut rouler vite, c’est tout droit. Remarquez que seule la voie cyclable est dotée de réverbères.
Et ça monte à nouveau !

Je n’étais pas seul. Un compagnon était là. Nous avions rendu visite à des proches à Nimègue et depuis chez eux nous avions pédalé jusqu’à Groesbeek via Malden. C’est largement plat et après avoir emprunté un grand bout de la véloroute vers Mook/Molenhoek (le Maas-Waalpad déjà présenté), notre itinéraire nous a conduit le long d’une voie de chemin de fer abandonnée (elle reliait Nimègue à Clèves en Allemagne) dans un environnement vallonné. Le parcours de Groesbeek pour retourner à la gare de Nimègue (où nous avions loué nos vélos) fait exactement 10 km, mais nous avions un terrible vent de face, puis se présentèrent les montées… Le parcours complet comporte un dénivelé positif de 64 m et négatif de 95 (selon Google). L’endroit le plus abrupt est la seconde montée (Kampheuvel) avec une pente maximale à 8,4 %. 47 m d’élévation en 1,2 km. Nous avons essayé de gravir la pente mais face au vent et avec notre type de monture ce n’était pas possible. Exactement à l’endroit le plus raide (comme je l’ai découvert après) je suis descendu de mon vélo et l’ai conduit à la main. Je n’ai pas été le seul à procéder ainsi, nous avons tous les deux marché quelques centaines de mètres jusqu’au bout de la montée. On m’a bien sûr fait comprendre (quoique ce ne soit pas très aimable) que j’étais idiot d’essayer de pédaler ici avec un lourd vélo hollandais ordinaire. Eh bien… j’ai sous-estimé le relief et surestimé nos capacités physiques… Toutefois, après cette montée nous sommes restés en selle. En descente mais aussi en montée. A chaque fois maudissant les règles de priorité à la campagne qui vous font perdre votre élan juste avant une montée à chaque intersection avec des voies perpendiculaires.

Une VTTiste arrive de l’autre côté. Elle aussi monte en danseuse ! C’est un méchant virage en S après la descente.
Des gens aiment venir courir sur ces pentes. Nous étions soulagés d’en avoir presque fini avec les montées avant d’atteindre Berg en Dal (le point le plus haut).
A l’entrée dans Berg en Dal une dernière montée nous attend.
Le profil altimétrique des 10 km empruntés (selon Google). Les deux points rouges indiquent là où nous avons mis pied à terre.

Sur Internet des gens se demandent s’il y a bien sept montées. Nous ne les avons pas comptées mais nous en avons rencontrées bien plus. L’une d’elle était trop pentue pour nous si bien que nous avons mis pied à terre deux fois pour quelques centaines de mètres (sur 10 km en tout). Six de ces collines portent un nom et ils sont évocateurs une fois traduits en français : Gros Mont, Mont du camp, Mont-la-Lutte, aux Quatre Monts, Mont-aux-Anges, Mont-au-Diable (Knotseklef, Kampheuvel, Boksheuvel, Vierenberg, Engelenberg and Duivelsberg). Peut-être que les Néerlandais exagèrent un petit peu quand il s’agit de désigner les bosses de leur plat pays… Une fois atteint le centre ville de Berg en Dal (ce qui signifie « Mont et Val ») le profil était principalement descendant jusqu’à Nimègue. C’était bien pratique, même avec le vent de face. J’ai arrêté de filmer à l’approche de Nimègue.

Nous avons pris à contre-sens cette rue en sens unique dans Berg en Dal (pas de double-sens cyclable). Nous étions tellement pressés d’en finir avec la dernière montée que j’ai complété raté le panneau de sens interdit (je m’en suis rendu compte en visionnant mes images). Heureusement la rue était fermée pour travaux, et reservée aux riverains, donc nous n’avons croisé personne. Le petit muret blanc matérialise bien la pente.
Ça descend entre Berg en Dal et Nimègue. Il y a une piste cyclable unidirectionnelle de chaque côté de la route.
On entre dans Nimègue.

Vous pouvez visionner la vidéo en model normal ou à 360 °. Si vous n’appréciez pas l’effet 360, ne regardez que dans une seule direction. Il me semble cependant que la meilleure façon de constater que vous avons réellement parcouru un relief vallonné est de regarder la vidéo avec un casque de réalité virtuelle. Cela ajoute de la profondeur aux images… et donne vie au relief néerlandais !

This week’s 360-video: cycling on some Dutch hills.

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4 réponses

  1. janpeire dit :

    Merci pour la traduction, certaines subtilités m’avaient échappées.
    Par ailleurs, 2 points à noter :
    — les images à 360° ça en jette ;
    — un vélo jaune, c’est signe de bonne qualité de la personne 🙂

    JPB

  2. Yann d'Orléans dit :

    Jeanne,

    Il faut arrêter de poster sur les Pays-Bas : cela me donne envie d’y retourner 🙂

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