Slalom géant boulevard Marie Stuart

Dans La Grande Vadrouille, il y a, parmi d’autres scènes tout aussi célèbres, celle de la course-poursuite avec des soldats allemands sur des petites routes sinueuses (tournée dans le Cantal à Alleuze). À un moment, un ouvrier en train de tracer une ligne continue au milieu de la route avec une drôle de machine orange1 est perturbé dans son travail par l’irruption du camion poursuivi et dérive vers le côté de la route. Le motard allemand suit bêtement le tracé et bascule à pleine vitesse dans le fossé2. C’est à ce type de marquage que font penser les non-aménagements cyclables le long de la ligne B du tramway boulevard Marie-Stuart : une ligne continue tracée au petit bonheur sur le trottoir (avec la présence non rassurante de pictos vélos peints ici et là).

Voici comment JP a décrit la chose dans son billet Prenons-les « au mot » de juin dernier – un test de cyclabicité de bout en bout le long de la ligne B – au chapitre « Argonne — le trottoir déconne » :

Officiellement, il faut être sur les bouts de trottoirs qui montent, qui descendent, qui coupent la route, sur lesquels il y a les poubelles, des autos, des ressauts…

On pourrait ajouter : et ne surtout pas suivre aveuglément la ligne continue…

Le boulevard Marie Stuart, un important axe est-ouest.

Trottoir by night

À l’occasion d’une visite chez les camarades d’1-Terre-Actions rue du Grand Villiers, voici une mise en situation à hauteur de guidon à la nuit tombée.

Au-delà du mobilier urbain disruptif, on peut souligner que la personne qui circule à vélo est parfois invitée à revenir sur la route. Cependant l’ensemble du cheminement est tellement alambiqué qu’on finit par perdre tout repère. Dois-je passer à gauche ou à droite du poteau ? Traverser sur le passage piéton ? Si vous finissez par ressentir un léger mal de mer, c’est normal.

Le trajet retour se termine par une assez longue portion sur la route – le long de la gendarmerie – et par un bref passage le long d’une merveille orléanaise déjà commentée ici.

On peut désormais affirmer que l’émerveillement est ce qui caractérise l’ensemble du trajet effectué.

L’étalon side-car

En plus d’être inconfortable, le cheminement cyclable le long de ce boulevard est bien trop étroit. Pour rester dans l’esprit du film cité en introduction on pourrait faire la proposition suivante : la bonne largeur et le bon profil d’une piste cyclable c’est quand un side-car peut y circuler sans encombre et sans secouer son passager.

Sur trois roues imbéciles !

Crédit photo : Bundesarchiv, B 145 Bild-F010422-0007 / Steiner, Egon / CC-BY-SA 3.0 [CC BY-SA 3.0 de]

Notes

  1. Machine qualifiée d’ailleurs d’anachronique sur ce site.
  2. Le même site souligne que le motard est hypnotisé par des traits discontinus alors que c’est bien une ligne continue qui est tracée.

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6 réponses

  1. REGIS REGUIGNE dit :

    Combien de feux rouges et de  » bonhommes  » rouges franchis , sans le moindre arrêt ? Vous donnez le pire exemple , celui du cycliste totalement irrespectueux . A 135 euros l ‘ infraction , vous dépassez largement un mois de SMIC ! A  » bon cycliste  » : salut !

    • Jeanne à vélo dit :

      Ce qui est irrespectueux c’est de réaliser de tels « aménagements ». Bref, on s’adapte. Ce qui est important c’est de ne pas se mettre en danger ni, a fortiori, mettre en danger les autres. A aucun moment dans la vidéo, sauf méprise, c’est le cas.

      D’ailleurs sur les deux trajets j’ai coupé les deux moments, fort longs, où j’ai attendu au feu rouge.

  2. janpeire dit :

    C’est courageux de prendre ce genre de non-équipements, surtout la nuit.

    La place Mozart est anti-cycliste avec les marches et les ressauts un peu partout présents. La limite des espaces de mélange entre les piétons et les cyclistes se donne à voire par la piétonne fantôme (après la place) qui circule sur le trottoir riquiqui (et c’est un équipement récent).

    Suite au commentaire précédent, j’ai noté les feux piétons de grillés — et alors ! — et un feux rouge qui ne serait pas passé au vert (testé dans la vrai vie)(il est passé prudemment). J’ai également vu des bagnoles sur le trottoir, mais cela ne semble pas émouvoir le commentateur.
    Quoi faire ? Je propose une passerelle entre la place Mozart et la cathédrale avec une arche au conseil du département, une autre vers la gendarmerie, une autre au lycée, la dernière au conseil de la région ; il semble que des élus soient en manque d’inauguratudes (avec médailles et photos dans le journal).

    JPBertrand

  3. Yann d'Orléans dit :

    Hello Jeanne,

    Une députée serait favorable à un petit tour en vélo avec le collectif Vélorution.
    Que penses tu de lui organiser une balade avec les pires spots de l’agglo ?
    J’ai hâte de voir un convoi de vélo sur les mails 🙂

    • Jeanne à vélo dit :

      Salut Yann,

      C’est toujours intéressant mais les députés ne pèsent pas grand chose dans le développement du vélo. C’est vraiment du côté des élus locaux que ça se passe. Idée à creuser.

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